jeudi, 03 septembre 2009
Rencontre avec le ministre
Chers amis,
La FCPE a été reçue mardi 1er septembre par le directeur de cabinet de Luc Chatel, en compagnie des autres fédérations de parents d’élèves (APEL, PEEP, UNAAPE), pour évoquer les questions de rentrée et notamment la grippe A. C’était la première fois depuis bien longtemps qu’une telle réunion de rentrée avait lieu. Le ministre et son cabinet semblent vouloir donner des signes que les méthodes ont changé.
La FCPE s’est étonnée en aparté de la présence de l’UNAAPE qui n’est pas une fédération représentative au niveau national.
Voici un compte-rendu de cette rencontre.
Jean-Jacques Hazan, président
Grippe A (voir aussi la note d’information de ce jour)
Le directeur de cabinet a indiqué que le virus de la grippe A (H1N1) est aujourd’hui considéré comme bénin mais « extrêmement contagieux », cela sous réserve d’une mutation le rendant plus dangereux. Le ministère de l’Education nationale se prépare depuis plusieurs années à faire face à une pandémie, c’est ce qui fait qu’il a en réserve l’équivalent de 12 semaines de cours, pour le primaire comme le secondaire.
La décision éventuelle de fermeture d’une classe ou d’une école à partir de 3 cas groupés sera prise par le préfet. Elle correspond à la définition de l’OMS. En revanche, l’initiative d’isoler un enfant ou un adulte présentant des symptômes pouvant être ceux d’une grippe incombe aux directeurs et chefs d’établissement. Les personnes susceptibles d’être grippées devront être dotées d’un masque pour éviter la contagion.
Dans un premier temps, c’est la prévention, notamment par l’information sur « les gestes barrière » qui est privilégiée, afin de limiter l’expansion de la maladie. Lorsqu’un cas sera soupçonné chez un adulte ou un enfant, celui-ci sera isolé et doté d’un masque évitant la contagion. Le port systématique de ces masques par les non malades est en revanche inopérant.
Un quatre pages reprenant ces informations sera distribué dès la rentrée à tous les parents.
La FCPE a demandé à ce qu’il soit réfléchi à la protection sociale des parents des enfants non malades mais dont la classe ou l’école serait fermée. Il s’agit bien d’éviter le passage d’une crise sanitaire à une crise sociale. Ainsi, si une classe ou une école ferme, il faut que tous les enfants soient considérés comme malades et leurs parents protégés pour leur congé. Le directeur de cabinet du ministre nous a assurés qu’il transmettrait cette demande à la cellule interministérielle qui a la tâche de gérer la pandémie dans tous ses aspects, autour du ministre de l’Intérieur.
De même, il conviendrait que des informations et consignes soient données aux parents qui auront à s’organiser pour garder les enfants pour éviter de constituer des modes de garde collectifs tout aussi risqués que la classe. Jusqu’à combien d’enfants est-il ainsi possible de regrouper sans recréer une collectivité « à risque » ?
La FCPE a également souligné qu’à la reprise des cours, il ne faudrait pas faire comme si tous les élèves avaient eu accès aux cours enregistrés et diffusés sur Internet, à la télévision et à la radio.
Le directeur de cabinet s’est voulu rassurant également sur ce point.
Remplacements
Selon le directeur de cabinet, les rentrées scolaires sont mieux réussies aujourd’hui qu’il y a quelques années. Néanmoins, du fait du nombre d’élèves (12 millions) et d’enseignants (857 000), il juge inévitable qu’il y ait quelques ajustements les premiers jours. Il a assuré que tous les élèves auraient une affectation et souligné en particulier la polarisation sur Paris et l’Ile-de-France et les problèmes liés au passage d’élèves d’établissements privés vers l’enseignement public. Selon lui, il y a plus de demandes de dérogations qu’il y a deux ans mais pas plus de cas difficiles même si les frustrations sont logiquement plus nombreuses.
Sur le remplacement, il observe qu’il existe un consensus général pour dire qu’il faut une amélioration du système et qu’il existe des marges de manœuvre pour progresser. Il souligne la différence entre premier et second degrés et entre les remplacements qu’il est possible d’anticiper (formations, congés maternité) et les autres. Selon lui, les choses se passent bien pour les remplacements de longue durée mais les problèmes se multiplient sur les courtes durées, en particulier pour les remplacements de moins de 8 jours.
Quant à l’agence nationale du remplacement, il a estimé qu’un pilotage des remplacements depuis le ministère reviendrait à mettre en place une véritable usine à gaz.
La FCPE a demandé un bilan détaillé de l’assouplissement de la sectorisation, demande à laquelle le directeur de cabinet a assuré qu’il répondrait favorablement.
La FCPE a également souligné le problème particulier des affectations en lycée professionnel du fait de la réforme du bac pro trois ans. Le directeur de cabinet a annoncé qu’une attention particulière serait accordée à ce problème, pour « ne pas entacher une bonne réforme par des problèmes d’affectation ».
Réforme du lycée
En ce qui concerne la réforme du lycée, le calendrier sera le suivant :
- première quinzaine de septembre, rencontres bilatérales du cabinet avec les organisations autour des contributions fournies par celles-ci à la demande du ministère (voir la contribution FCPE de juillet 2009 diffusée le 2 septembre) ;
- aux alentours du 15 septembre, une synthèse sera effectuée à partir de laquelle le ministre présentera les grandes lignes directrices de la réforme, notamment pour prendre en compte les évolutions de la vie lycéenne ;
- ensuite, un travail technique sera effectué jusqu’aux vacances de la Toussaint, pour vérifier que les grandes lignes définies sont bien déclinables devant les élèves ;
- à partir de novembre, définition de la réforme et du calendrier d’application de la seconde à la terminale ;
- présentation au CSE fin décembre ou janvier.
La FCPE a réitéré sa demande de discussions multilatérales rassemblant autour de la table l’ensemble des acteurs concernés par cette réforme : parents, élèves, personnels, collectivités territoriales. Le directeur de cabinet a estimé que de telles réunions sont « souhaitables » mais ne pourront se faire qu’avec des acteurs ayant une connaissance parfaite du projet, donc en novembre ou décembre.
Réforme du collège
Quant à la réforme du collège, le directeur de cabinet de Luc Chatel a indiqué qu’il ne s’était « pas rien fait » jusque là, citant le socle commun et la réforme du diplôme national du brevet. Mais il reconnaît un manque de continuité entre la réforme du primaire et celle du lycée.
La réforme du collège est donc selon lui déjà en route et va se poursuivre avec la réflexion engagée par Luc Chatel sur l’orientation et avec la mise en place cette rentrée des parcours de découverte des métiers et des formations ».
Orientation
Pour le directeur de cabinet du ministre, il y a des progrès phénoménaux à faire en matière d’orientation, processus qui ne commence pas en seconde et doit donc être pensé comme un continuum.
Il insiste sur les inégalités entre les élèves qui ont accès à l’information sur les métiers et les filières et les autres.
La FCPE a souligné que la problématique de l’orientation ne saurait se résumer à des questions techniques d’accès à l’information, qui sont un élément, certes mais ne font pas tout le problème. Il s’agit aussi voire surtout de développer l’éducation au choix et les passerelles entre filières en cas d’erreur d’orientation.
Le directeur de cabinet a concédé qu’il faut en effet aussi pouvoir revenir sur une orientation mal faite, qu’il ne doit rien y avoir d’irréversible.
22:50 Publié dans Infos nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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