samedi, 18 avril 2009
JDD: grogne dans les Facs
Facs: Les Français comprennent la colère...
La grogne du monde universitaire entre dans une période critique: le spectre d'une année gâchée plane au dessus des facs. Une hypothèse qui n'entame en rien la détermination des opposants au projet soutenu par Valérie Pécresse, dont le combat se trouve justifié par une majorité des Français. Lesquels se disent toutefois opposés aux méthodes les plus radicales.
D'un côté, un gouvernement qui oscille entre concessions et haussements de ton, entre réécritures d'un décret contesté et craintes d'une année universitaire fichue. De l'autre, des manifestants qui appellent déjà à de nouvelles journées d'action les 28 avril et 1er mai prochains. Et, au milieu, des Français qui comprennent la colère universitaire, mais désapprouvent les moyens utilisés.
Selon un sondage commandé par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, que s'est procuré le JDD, 51% des personnes interrogées estiment que le mouvement de colère au sein des universités est "justifié" ("tout à fait" pour 18%,"plutôt" pour 33%). Mais les méthodes déplaisent. Le blocage des universités, le refus de présider les jurys de baccalauréat, la validation automatique du second semestre? Tous majoritairement désapprouvés, à hauteur de 58%, 64% et 75%. Alors que l'année universitaire est sur le point de s'achever et qu'une trentaine de facs (sur 83) sont toujours perturbées, beaucoup s'inquiètent d'une année universitaire pour rien.
Philippe Meirieu: "Des bidouillages institutionnels"
"Si au retour des vacances de Pâques les cours continuent à être perturbés, l'année universitaire sera menacée", prévient Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Réponse du Snesup et de l'Unef: "Par son refus obstiné d'entendre les revendications, le gouvernement porte l'entière responsabilité des conséquences de la poursuite du conflit." Comment sortir de ce bras de fer? "La seule voie responsable, c'est le dialogue", assure la ministre. L'Unef pose trois conditions: "Les examens ne doivent porter que sur les cours effectivement réalisés; les modalités de rattrapage ne doivent en aucun cas priver les étudiants de leurs droits; le versement des bourses ne saurait être interrompu au motif d'un manque d'assiduité."
Philippe Meirieu, professeur d'université à Lyon-II, ancien directeur de l'Institut national de recherche pédagogique et de l'IUFM de Lyon, est en colère contre la "politique de gribouille" du gouvernement: "Avec ces 'Je ne retire rien' suivis de 'Je repousse la réforme d'un an', plus personne n'y comprend rien." La création d'une haute commission a été évoquée. "Que Nicolas Sarkozy l'installe officiellement très vite! Que l'on engage la réflexion sur ce qu'on attend d'un enseignant aujourd'hui avant de procéder à des bidouillages institutionnels." Meirieu, que le PS consulte pour élaborer ses propositions universitaires, est opposé au nouveau mode de formation à l'université des enseignants, autre sujet de tension: "Ce gouvernement qui ne jure que par l'alternance casse justement ce modèle de formation en alternance qu'étaient les IUFM. Pour l'immense majorité des jeunes enseignants qui se retrouveront devant une classe ne subsistera qu'une alternative: la dépression ou la répression."
12:30 Publié dans Infos nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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