lundi, 24 novembre 2008

Paroles d'un syndicat

24 novembre 2008

Suites de l’action du 20 novembre

Les organisations syndicales ont innové en adressant au ministre un " préavis de négociations " lui " donnant " cinq jours pour ouvrir des discussions.

Pour le SE-UNSA, les " railleries " du ministre ont marqué, une majorité des professeurs " de base ", y compris ne faisant pas grève. Luc Bérille, secrétaire général du SE-UNSA a déclaré : « une faille s'est clairement creusée entre le ministre et ses enseignants. » Le ministre de l'éducation n'a pas hésité à brocarder, toute la journée du jeudi 20 novembre, les syndicats même si la journée contre la politique éducative du gouvernement et la poursuite des suppressions de postes, de jeudi était très suivie. Le ministre de l'éducation s'est appliqué à minimiser l'importance de la grève, particulièrement dans l'enseignement primaire. " Le monde et la France avancent plus vite que les cortèges ", a-t-il déclaré le matin sur RTL, il a souligné également le caractère rituel des " grèves de novembre " dans l'éducation nationale

Le ministre s'est aussi heurté à une autre sorte de résistance : celle de nombreuses municipalités qui n'ont pas voulu ou pas pu mettre en place le service minimum d'accueil, jeudi, pourtant rendu obligatoire par la loi du 16 août 2008 dès lors que plus de 25 % des personnels sont en grève.

Comme de coutume, le ministère s'oppose également aux syndicats sur les chiffres de participation au mouvement. Il estime à 33,39 % la participation de l'ensemble des enseignants (primaire et secondaire). C'est dans le premier degré que l'impact du mot d'ordre de grève a été le plus fort : 48,62 % de participation, selon le ministère, plus de 60 %, selon le SE-UNSA. Dans le second degré, la moyenne de participation est de 21,26 %, selon le ministère et plutôt de près de 50 %, selon les syndicats. La manifestation parisienne a rassemblé 40 000 personnes selon les syndicats, seulement 9 000 selon la police. Mais d'autres manifestations ont eu lieu dans les grandes villes de province (Bordeaux, Marseille, Lyon, Toulouse, Nantes, Grenoble...) et, sur l'ensemble du territoire, l'estimation par la police du nombre de manifestants est de 163 000.

Contrairement à ce que dit le ministère, cette grève est " l'une des plus massives de ces dernières années ". L'amorce de suppression des réseaux d'aides aux élèves en difficulté (Rased) a été un des catalyseurs de la réussite du mouvement.

XAVIER DARCOS – SE-UNSA : MISE AU POINT

 

Le ministre de l’Education nationale a déclaré vendredi 21 novembre, sur la matinale de France Inter, que  le SE-UNSA aurait signé avec lui quatre accords.

 

Le SE-UNSA tient à rétablir les faits :

 

1)      Comme la très grande majorité des syndicats, le SE-UNSA a été signataire non pas de quatre accords mais de quatre protocoles de discussion, portant respectivement sur la nouvelle organisation du service des enseignants du 1er degré, la voie professionnelle, la réforme du lycée et la formation des maîtres. C’est le ministère qui a institué cette formule qui veut que, pour avoir le droit de discuter, il faut désormais signer.

 

2)      Ces protocoles de discussion avaient deux points communs:

 

-          ils intervenaient après l’annonce de décisions unilatérales du ministère, arrêtées sans aucune concertation ;

-          ils recensaient les questions à traiter sans engager sur les réponses éventuelles.

 

3)      Le SE-UNSA a participé à toutes ces discussions sur la base de ses mandats, s’attachant à rendre publics, à chaque étape, ses propos et analyses, en toute transparence. Tout le monde a pu ainsi honnêtement voir et les divergences avec les approches ministérielles, et les convergences, et constater dans quel sens penchait la balance.

 

4)      Au bout du compte, les discussions sur le lycée et la formation des maîtres étant encore en cours, deux seulement ont abouti sur un relevé de conclusions à caractère contractuel, soumis à signature du ministre et des syndicats. Le SE-UNSA, ainsi que le SGEN-CFDT, ont signé celui sur l’organisation du service des enseignants du premier degré. le SE-UNSA a refusé de signer celui sur la voie professionnelle, dépourvu de tout moyen de mise en œuvre.

 

Des quatre accords mis en avant par le ministre, il n’en existe donc qu’un, les autres étant plutôt des constats de désaccord. Telle est la vérité. En mélangeant protocole de discussion et accord, le ministre ment sciemment. Si, selon ses déclarations, la grève est démodée, qu’en est-il de ces méthodes politiciennes éculées ?

 

Ces petites manœuvres ramènent à la principale question au cœur de la grève du 20 novembre, celle du dialogue social. Celui-ci ne peut se mener sans respect des positions de chacun. Le SE-UNSA maintient donc son appel à un vrai dialogue et à l’ouverture d’une négociation sur les sujets qui ont motivé la grève du 20 novembre. Il propose au ministre de rendre toutes ces discussions publiques, afin que la transparence soit la règle devant tous.

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