mardi, 14 octobre 2008

Lycée: ça gronde

Politique éducative

Réforme du lycée, la guerre d’influence bat son plein

A quelques semaines de l’annonce du projet de prémaquette pédagogique du nouveau lycée, désormais prévue fin octobre, les associations disciplinaires font monter la pression. Côté syndical, le bras de fer s’intensifie aussi avec la sortie du SNES des négociations.

A mesure que l’on s’approche de la présentation de la prémaquette pédagogique du nouveau lycée, prévue désormais pour la fin du mois d’octobre, les syndicats et les associations disciplinaires font monter la pression. Courriers, pétitions, actions de sensibilisation se multiplient pour influer sur les décisions du recteur de Gaudemar, chargé de la concertation. En effet, les contours de la nouvelle seconde et du cycle terminal inquiètent. La seconde devrait être resserrée sur 18 modules répartis en deux semestres, dont 11 modules fondamentaux (maths, français, deux langues vivantes, histoire-géographie et EPS), trois d’accompagnement et quatre d’exploration (à choisir entre sciences, SES, sciences de l’ingénieur, etc.). Ainsi, la physique-chimie et la biologie sortiraient du tronc commun actuel. Pour l’Académie des sciences et les associations de professeurs de sciences (APBG et Udppc), cela signifie que « les sciences ne seraient donc plus fondamentales ! ». S’agit-il pour autant de la fin des sciences au lycée ? Le recteur de Gaudemar s’en défend, puisque ces deux matières seront intégrées dans une forme adaptée dans les enseignements généraux du cycle première-terminale, selon la « coloration » du parcours choisi (4 au choix, sciences, humanités et arts, sciences de la société, technologies). Ainsi physique, chimie et SVT figureront dans le parcours « sciences », tandis que sera proposée en « humanités et arts » de la culture scientifique. Quant à la seconde, Jean-Paul de Gaudemar expliquait récemment à l’association des professeurs de mathématiques que le ministère réfléchissait à imposer dans les enseignements d’explorations au moins un module scientifique... Autre grand foyer de mobilisation, les sciences économiques et sociales. Cette discipline n’accède toujours pas au tronc commun. Pis, l’idée serait de proposer non plus un seul module de SES, mais plutôt des modules économie, questions sociales ou encore droit...
A ces levées de boucliers des disciplines s’ajoute la pression syndicale plus classique. Le SNES (FSU) a ainsi claqué la porte des négociations la semaine dernière. Le syndicat majoritaire refuse en particulier d’entériner la réduction à 27 heures des horaires des lycéens proposée par le ministère ainsi que la fin de la spécificité de la filière technologique. Pour leur part, le SGEN et l’UNSA (SE, SNPDEN) veulent poursuivre les discussions, mais souhaitent « être fixés rapidement sur la teneur de la réforme vu les rumeurs qui circulent. Peut-on revoir à la hausse les horaires ? Va-t-on vraiment réformer le cycle terminal ou juste rhabiller les anciennes filières ? », s’interroge Luc Bérille, du SE. Si les négociations se poursuivent, l’ensemble des syndicats, ainsi que, pour la première fois un grand nombre d’associations disciplinaires, appellent à manifester le 19 octobre contre la politique éducative du gouvernement.

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