samedi, 13 septembre 2008
Assouplissement carte scolaire
La réforme de la carte scolaire affaiblit la mixité sociale, selon l’IGEN
Un rapport de deux inspecteurs généraux, interdit de publication par le ministère, offre un premier bilan de l’assouplissement de la carte scolaire. Il confirme les craintes : la mixité scolaire se réduit encore. Ses auteurs proposent des idées pour rectifier le tir.
La réforme de la carte scolaire fait reculer la mixité sociale et renforce les logiques de concentration ethnique. C’est en substance l’avertissement lancé par les inspecteurs généraux de l’éducation nationale Jean-Pierre Obin et Christian Peyroux, dans un rapport dévoilé par Le Monde le 18 juin, sur les premiers effets de l’assouplissement de la carte scolaire. Interdit de publication depuis octobre dernier par le ministère de l’éducation nationale, le document dérange à la veille de la suppression totale de la carte scolaire annoncée pour 2010, en faveur de laquelle Nicolas Sarkozy s’est engagé dès sa campagne présidentielle. « C’est une double ânerie », a condamné le ministre de l’éducation sur France Info. Premièrement, « parce qu’on ne me persuadera jamais, même pas mes inspecteurs généraux, que c’est une liberté plus grande que d’être assigné à résidence dans un établissement, au lieu de choisir l’établissement que l’on veut ». Deuxièmement, car ce rapport « obsolète » porte sur les conditions très particulières de la première année de lancement du dispositif (voir La Lettre n° 562), et ne peut donc décider « au mois de septembre 2007, qu’une décision prise quelques jours avant est de nature à favoriser les ghettos ».
Pourtant, selon le rapport, cette première étape s’avère déjà « riche d’enseignements ». Le principal effet de l’assouplissement de la carte scolaire a ainsi été de dégrader davantage encore la mixité scolaire, « accélérant les processus sociaux déjà à l’œuvre depuis des années ». « Dans la plupart des [34] départements visités, la question de la survie de certains collèges est ouvertement posée », souligne le rapport. « C’est aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements que la mixité sociale est mise le plus rudement à l’épreuve : dans les établissements les plus convoités, il y a peu d’élèves de condition modeste ; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu. » Et la création d’options ou de filières d’excellence dans les quartiers sensibles, ou les labels ZEP et « ambition réussite », n’y changent rien : « Non pas qu’il faille se contenter d’une offre médiocre dans ces collèges (...), mais jamais ces initiatives ne permettent de faire revenir les populations des classes moyennes qui ont déserté un établissement. » Pour les inspecteurs généraux, concilier à la fois les deux objectifs d’une plus grande liberté des familles et d’une plus grande mixité des établissements s’avère toutefois « possible », mais à certaines conditions.
Réguler le « libre choix »
La principale clé repose sans doute sur la rectification du problème des élèves boursiers et de la prise en compte de leurs demandes de dérogations « en bons derniers » dans de nombreuses inspections académiques. Ils plaident aussi pour un « libre choix régulé » des familles et le maintien d’un « droit d’affectation dans l’établissement le plus proche du domicile ». Enfin, ils suggèrent l’introduction d’un « indicateur » de suivi de l’évolution de la mixité sociale, qui permettrait de récompenser les établissements les plus vertueux par une « dotation supplémentaire » et la fermeture des établissements « ghettos » dans les situations où « le quartier est dangereux et le collège déjà bien vide ».
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vendredi, 12 septembre 2008
Mieux qu'un livre, notre éclairage




19:24 Publié dans Documents à télécharger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Base élève suite
La lecture des débats des commissions parlementaires est un pensum, mais qui peut parfois procurer une profonde satisfaction.
Mardi 17 juin 2008 à 18 h 05, la Commission des finances, de l’économie générale et du plan et la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales, de l’Assemblée nationale, réunies en Commission élargie consacrée à l’enseignement scolaire dans la loi de règlement 2007, sous la Présidence de Didier Migaud, président de la commission des finances, de l’économie générale et du plan, recevait le ministre de l’éducation nationale.
Un dialogue courtois s’est établi entre le ministre et les membres de la commission [1]. Interrogé sur le problème des redoublements et du repérage des élèves qui commencent à être en difficulté en cours d’année, le ministre a déclaré :
« Nous avons des systèmes de repérage des élèves et de leur situation assez bien faits. En particulier, une application de notre fameuse “ base élèves ” nous permet de repérer systématiquement comment les élèves évoluent, combien ils sont et quelles sont leurs cohortes. Les difficultés que nous avons rencontrées ne sont pas seulement liées aux grèves des directeurs d’école mais aussi à l’absence de quadrillage systématique. Mais il est bien lourd de quadriller 55 000 écoles et 6,5 millions d’élèves.
« J’ai insisté pour que la “ base élèves ” ne comporte plus aucune autre indication que celles dont nous avons besoin. »
Encouragé par Didier Migaud — « J’allais vous poser la question. » — le ministre a poursuivi :
« J’ai trouvé que ce document était profondément liberticide. L’origine sociale des familles, la langue des parents, etc. ne nous intéressent pas. Le fait de les indiquer est inutile et n’est pas conforme à la tradition républicaine de l’école de Jules Ferry, qui doit accueillir les enfants quels qu’ils soient pourvu qu’ils soient d’âge scolaire. Nous avons donc modifié le décret relatif à la “ base élèves ”, de façon qu’elle indique uniquement le nom et l’âge de l’élève. »
Voila qui ira droit au coeur de tous les enseignants et tous les parents d’élèves qui se sont battus pour défendre cette idée. Difficile d’imaginer la joie qui les inondera quand la nouvelle leur sera annoncée.
Il reste maintenant à officialiser la décision du ministre de conserver « uniquement le nom et l’âge de l’élève » dans “ base élèves ” et à convaincre les Inspecteurs d’académie d’appliquer la décision du ministre
18:45 Publié dans Infos nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Un livre qui en dit long
« Main basse sur l’Ecole Publique » Livre sur l'éducation et la laïcité Eddy KHALDI et Muriel FITOUSSI
L'Éducation Nationale est accusée de « fabriquer des crétins » et d'entretenir le « chaos pédagogique », l'insécurité et le chômage. En évitant les débats parlementaires, Xavier Darcos impose sans discussion une véritable révolution libérale. Le gouvernement met rapidement en oeuvre une succession de mesures : suppression de la carte scolaire et de postes d'enseignants, évaluation publique des enseignants et des établissements, financement par l'État du développement des établissements privés dans les banlieues... Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dévoilent la signification de ces mesures.
Ce livre a déjà fait l'objet d'articles dans Le Monde diplomatique de septembre 2008, Charlie hebdo n° 845, Le Monde du 29 août 2008, le Canard Enchaîné, …
Visitez le site : http://www.main-basse-sur-ecole-publique.com/
17:25 Publié dans Livres et Multimédia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 07 septembre 2008
Rentrée vue par les syndicats
SNES : « Faire monter la pression. » Telle est l’ambition du premier syndicat du secondaire en cette rentrée qui « cache de nombreuses zones d’ombre ». A quatre mois des élections professionnelles, le SNES joue la carte de la mobilisation. Le syndicat s’inquiète des suppressions de postes programmées qui « fragilisent les dispositifs d’aide aux élèves » et « multiplient les postes partagés ». Le SNES dénonce aussi les premiers effets de l’assouplissement de la carte scolaire avec « des établissements de plus en plus ghettoïsés ».
SGEN-CFDT : Une rentrée « pas mobilisatrice dans le sens des objectifs de l’école ». Des suppressions de postes au « contresens absolu » des heures sup’, « les enseignants sont mis à l’écart de la transformation du système », observe Thierry Cadart, le secrétaire national. Si l’annonce des 1500 euros pour les néo-titulaires n’est « pas négligeable », « aucun lien n’est fait avec la transformation nécessaire du métier ». Le SGEN revendique en outre d’autres possibilités d’organisation du temps scolaire.
SNALC-CSEN : Satisfait de la revalorisation des débuts de carrière, le syndicat n’en émet pas moins de « sérieuses inquiétudes » sur la réforme des lycées dont il « craint les incidences sur le métier d’enseignant », sur les suppressions de postes, et les nouvelles procédures d’orientation qui « tiennent de l’usine à gaz ».
SNUipp (FSU) : Pour le premier syndicat du primaire, c’est une rentrée sous le signe de l’« inquiétude ». Outre la suppression du samedi matin, qui remet en cause l’organisation de la semaine, les nouveaux programmes posent question. Cependant, explique Gilles Moindrot, le secrétaire national, ils ne devraient pas pousser les enseignants à changer leur méthode de travail. Les cours de soutien hors du temps scolaire pèsent, selon le syndicat, sur l’avenir des Rased.
SE-UNSA : « Le hold-up continue ! » Le syndicat sonne l’alarme dans le premier degré, « pillé », avec « la création en cette rentrée de 580 emplois effectifs alors que 17 000 élèves supplémentaires sont attendus ». Le SE craint un « grand bazar » avec la suppression du samedi matin et ne prévoit qu’un réel démarrage d’ici aux vacances de la Toussaint. Dans le second degré, il s’inquiète que l’accompagnement des néo-titulaires, non budgété, soit victime de « l’impéritie budgétaire » et s’oppose au « déferlement » des heures sup’.
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vendredi, 05 septembre 2008
La censure en Franche-Comté?
Bonjour!
J'ai participé cette année au concours littéraire 'Litteratura Jeunesse' organisé par le conseil général du Doubs. Comme vous le savez déjà peut-être, ce concours est national et aussi ouvert aux frontières pour les pays limitrophes francophones. Le lauréat se voit publié par le conseil général et participe au salon du livre 'Les mots doubs' en septembre.
Le jury composé de professionnels du livre et de membres du conseil général m'a désignée lauréate en cette année 2008 à ce concours.
Or, le président du conseil général a refusé que mon manuscrit soit publié malgré le vote. C'est la 1ère fois que le lauréat n'est pas publié depuis 5 ans que le concours existe! Mon ouvrage s'intitule 'demain je reviendrai' et raconte le parcours et la souffrance d'un immigrant clandestin, reconduit à la frontière en fin d'ouvrage. Il raconte une réalité sociale de souffrance qui existe notamment tout près de chez nous puisqu'il en est très question en ce moment à Besançon et Montbéliard. Il a été écrit pour raconter ce fait d'actualité à des enfants de 12 ans, mon objectif étant que l'actualité, aussi terrible qu'elle soit, soit accessible dès le plus jeune âge.
Les raisons de cette non publication: 'votre ouvrage est trop engagé', 'votre ouvrage pourrait nuire aux négociations entamées actuellement entre les élus locaux et la préfecture pour ne pas renvoyer certaines familles habitant actuellement à Besançon et Montbéliard qui sont menacées d'expulsion'. 'Le conseil général est une institution qui ne peut en aucun cas prendre parti, elle se doit de rester neutre et la publication d'un tel ouvrage pourrait provoquer une grande polémique qui irait à l'encontre de ces familles'.
Les membres du jury ne comprennent pas...
J'essaie de comprendre les motivations de cette non publication mais l'ampleur de leurs propos m'échappe:
de quoi les élus ont-ils peur exactement ? D'une répression de qui ? D'une réaction négative de qui ? En quoi un ouvrage destiné aux enfants peut-il aller à l'encontre de négociations?
Outre le fait que je sois déçue par la non publication de mon ouvrage alors que je suis la lauréate, je suis surtout effrayée par une telle réaction: en effet ne peut-on plus à l'heure actuelle publier un ouvrage (qui ne fait que relater une vérité sans prendre en aucun cas position) destiné à des enfants sans avoir peur de représailles?
L'histoire que j'ai écrite a eu vote unanime des membres du jury professionnels du livre, je pense qu'il mérite donc certainement d'être publié. Suite à cette histoire, ma volonté de le publier est d'autant plus forte. Je voudrais qu'il soit publié pour imposer le respect et la liberté de l'expression lorsqu'il s'agit de la défense des droits de l'Homme et de l'enfant. Je souhaite que mon livre soit publié et que toutes les recettes de la vente soient destinées à une ONG qui défend ces droits. J'attends une réponse mi septembre des éditions Syros en collaboration avec Amnesty International.
Merci de l'attention que vous aurez portée à cette histoire, je pense qu'il est important que beaucoup de gens soient au courant... A diffuser auprès de qui vous voudrez!
Oeuvre à découvrir dans la partie album de notre site: "demain je reviendrai"
K E
10:29 Publié dans Réseau Education Sans Frontiére | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Trop chère la rentrée
Paris le 2 septembre 2008
Communiqué de presse
Rentrée scolaire : FCPE et CNAFAL « pas contents du tout » !
La Fédération de Conseils de Parents d’Elèves (FCPE) et le Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL) contestent le fait que le coût de la rentrée scolaire 2008 serait moins douloureux que les autres années. Cela est à peine valable - et encore faut-il y regarder de plus près - si l’on s’en tient au seul prix des cahiers et des multiples fournitures scolaires et à condition de trouver dans les supermarchés, parmi 500 références, celles de la fameuse « liste DARCOS ».
Comment peut-on s’en féliciter, quand on sait que, par ailleurs, les transports, les équipements de sport… ont subi des hausses qui avoisinent les 50% ?
Comment peut-on s’en féliciter, quand on sait que le simple outillage, indispensable à ceux qui entreront dans l’enseignement professionnel nécessite une dépense de quelques 500 €, quand on sait que, le coût d’une rentrée en licence est en moyenne de 2935 € dans la région parisienne et de 2425 € en province, sommes qui ne prennent pas en compte les dépenses exceptionnelles de rentrée, droit d’inscription, caution pour les loyers, sécurité sociale, dépenses alimentaires ? D’autant que c’est le moment choisi par le gouvernement pour baisser, voire supprimer leur bourse à certains étudiants en situation de handicap du fait de la modification des critères d’attribution (3 000 sur les 10 000 actuellement en faculté seraient concernés).
Comment peut-on s’en féliciter, quand on sait que le pouvoir moyen d’achat des ménages s’est effrité de façon importante, baissant entre juin 2007 et juin 2008 de 0,4% ? Et quand on prévoit une baisse annuelle du pouvoir moyen d’achat pour 2008 de 0,8%.
Comment peut-on s’en féliciter quand on sait que 8 millions de Français vivent avec des revenus en dessous du seuil de pauvreté, dont un certain nombre ne mangent pas tous les jours à leur faim avec des enfants à élever ?
Le CNAFAL et la FCPE observent, eux, que la rentrée est dure pour tout le monde, à l’exception de quelques privilégiés. Elle est très dure, voire dramatique, pour une frange toujours plus importante de la population.
La FCPE et le CNAFAL rappellent que l’Ecole est gratuite et réitèrent leur demande d’une réévaluation conséquente des bourses !
Jean-Jacques Hazan, Président FCPE Jean-Marie Bonnemayre, Président CNAFAL
Contact presse FCPE : Laurence Guillermou, tél 01 43 57 16 16
Contact presse CNAFAL : 01 47 00 02 40
10:08 Publié dans Communiqué de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
un exemple de parents d'élèves contrant la vie chère (le Progres du 4 septembre)
09:50 Publié dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


